Comme beaucoup de tunisiens, la révolution tunisienne m’a donné un nouveau souffle de vie et a fait renaître et a fait libérer beaucoup d’intellectuels comme de citoyens. J’ai aimé cette révolution; et comme une jolie femme , elle m’a inspiré quelques textes que j'ose qualifier de philosophiques voire politiques. En somme j’ai considéré que lors de ces révolutions arabes; il s’agit de la liberté en tant que parole de l’être qui est venue au jour dans la peine et le sacrifice. S’appuyant sur quelques références Heideggériennes. Mais j’ai doublé ces textes d’une autre références non moins importante : celle du texte platonicien de l’allégorie de la caverne , où il y est question de processus et d’étapes de la libération qui peut aboutir comme il peut s’arrêter aux stades préliminaires et non définitif de la liberté.
A partir de ces textes qui pourraient servir de guides pour ne pas s’empêtrer dans les détails , j'ai lu l’ascension de l’islam politique après cette première expérience des urnes , comme un retour aux chaînes à l’intérieur de la caverne. Des chaînes fussent –elle des chaînes en or avais je averti , elles ne restent pas moins des chaînes de servitude .
Il n’est pas question de revenir ici sur le pourquoi des choses , et l’histoire même des sociétés arabes ne pourrait que propulser l’islam politique au pouvoir , ça aussi je l’avais écrit bien avant le printemps arabe (chf le problème identitaire des arabes , un article sur ce blog ) A cette nature sociale et historique de ces societés , déjà donnée , s'est ajouté une politique étrangère occidentale et maintenant internationale (occident , chine et Russie) qui ne serait pas vraiment contre ; puisque seul un monde arabe non démocratique pourrait continuer l’ancien système en remplaçant les dictatures qui se voudraient laïques par celles d’avenir qui se voudraient religieuses …
Et Comme les choses s’étaient déroulé et se déroulent encore devant nos yeux suivant ce schéma ; un certain dégoût m’avait pris et j’ai arrêté d’écrire pour un long moment …Mais puisque j’aime toujours tant cette révolution et je ne risque pas de l’oublier vite comme beaucoup ; je reviens écrire aujourd’hui un petit texte d’espoir . Un texte comme un appel dernier.
Je n’ai certes ni la célébrité ni l’expérience politique de Monsieur Sebsi (ancien premier ministre); je ne suis qu’un citoyen tunisien inconnu qui ne tente d’ailleurs pas particulièrement de se faire connaître mais qui aime cette révolution tunisienne et qui , puisqu’il l’aime tant ; il voudrait la sauver .
L’appel lancé par Mr Sebsi était juste et a été assez bien accueilli partout - sauf bien sur ceux qu’il pourrait déranger- et avec tout le respect qu’on doit au Monsieur , si cet appel s’adresse à quelques partis de l’ère bourguibienne , - même si une certaine élite dite progressiste pourrait s’y trouver- , je ne penses pas que le peuple tunisien puisse suivre ces partis , lui qui est encore largement traumatisé par la politique de ces cinquante dernières années .
Même les rassemblements d’autres groupes politiques resteront élitistes et n’auront pas un réel contrepoids pour le noyau dur du pouvoir à venir qui s’est déjà dessiné à savoir le couple cpr-nahdha qui aura tendance à s consolider , et sans réelle possibilité d’alternance il pourra gouverner pour des décennies .
Le parti de la révolution dont je parle se propose de défendre la liberté qui est l’essence même de la révolution donc devra necessairement être moderniste , il se propose aussi et d’emmener la dignité qui en découle en appliquant la politique économique et sociale nécessaire, il devrait être à mon sens de centre gauche , en tout cas à gauche pour une vrai politique sociale . Puisqu’il s’agit d’un parti de la révolution il doit être surtout le parti des jeunes , ceux qui ont fait réellement la révolution et qu’on ne voit pas aujourd’hui sur la scène politique , il doit être un parti populaire enraciné dans les régions révoltés , et dans les quartiers populaires des grandes villes qui ont aussi contribué bel et bien à la révolution . Le fait de tenir un programme pragmatique et social a montré ses preuve avec l’expérience politique d’al Aridha , il devrait s’en éloigner par son modernisme et son refus du populisme : on peut tout- à fait rassembler autour de ce parti des masses larges de population tout en étant vraiment moderniste , en disant rigoureusement la vérité loin de tout populisme et démagogie et surtout en restant toujours démocrate et donc en laissant l’initiative au jeunes …
Tous les hommes politiques qui viennent de quitter tel ou tel parti à cause de l’écart de ses parti des vœux de leurs électeurs qui sont ceux des but de la révolutions , tous ces hommes avec leurs expériences peuvent être à l’avant-garde de ce parti et ce projet centriste de gauche qui devrait rassembler toutes les gauches et le centre à fin de contrecarrer la droite voire l’extrême droite conservatrice au pouvoir .
On n’invente rien de nouveau, quand l’extrême droite monte, tout le monde s’attroupe au centre pour contrecarrer. à défaut d’un projet pareil je suis presque sure que nul autre groupement si large soit –il ne pourrait réellement créer une possibilité d’alternance au programme économique de droite de Nahdha , et des possibles menaces sur les liberté que constitue tout dogmatisme religieux …
Soit : la dignité retrouvé par un programme économique adéquat et la liberté sauvegardé par des forces politique modernistes ….
Celui qui est vraiment pour la révolution doit laisser de coté toute politique politicienne , car elle pourrait propulser quelques chefs de partis dans des positions plus ou moins importantes du pouvoir lors des élections futures mais il ne seront qu’à l’image de l’opposition d’aujourd’hui , de bonne fois certes mais inefficaces quand aux grands choix politiques ….
J’espère que ce sera mon dernier texte concernant ce sujet. Malheureusement , vu le niveau de l’élite politique tunisienne d’aujourd’hui , ca reste un simple espoir …
La révolution comme parole de l'être comme cri de liberté et appel pour la dignité peut être oubliée et tout dévoilement à le revoilement comme destin , mais le destin en tant que dévoilement de l'être ne nous tourne le dos que si nous cessons nous même de le regarder . ce regard peut être dans l'art dans la pensée mais devra aussi être dans le domaine du politique en tant que pouvoir ...
Le parti de la révolution doit être le parti qui regarde toujours vers cet êvenemment déterminant dont les retentissement seront très loin d'être circonscrit à moyen ou à long terme si nous ne cessons pas de nous laisser traversé par leurs essences ; ils s'agit d'une véritable force et poussée de vie pour nos societés pour les reconstruire à neuf : un art nouveau , une nouvelle pensée et une nouvelle vie politique ...
Ne ratons pas cette
formidable occasion , par la paresse ,
l'oubli et l'étroitesse du regard
...








